La couleuvre à collier : Natrix natrix
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La couleuvre à collier (Natrix natrix)



Quand vous me saisissez, chaque fois, c'est fatal,
Je laisse sur vos doigts la trace malodorante
Et même nauséabonde de mes glandes cloacales.
Elle résiste à tout, aux poudres récurrentes,
Aux savons et aux brosses que votre mère passait,
Quand arrivait le temps, enfin, de déjeuner.

Je venais, très souvent, aux douves de la Vaucelle,
Lesquelles faisaient le tour des buttes féodales
Au temps où des barons culbutaient des pucelles
Quand elles se mariaient à l'un de leur vassal.

J'y trouvai des têtards et même des grenouilles
Ou des petites tanches, dans la vase, qu'elles fouillent.
Et souvent malgré moi, vous m'obligiez à jouer
À des farces pendables dont la victime était
La fermière qui allait s'isoler aux feuillées.

C'était une bâtisse recouverte de lierres,
Dont le crépi tombait et découvrait la pierre.

Par une fente du toit, vous me faisiez glisser…
Immanquablement, la fermière s'enfuyait
En poussant des hauts cris, remontait ses culottes,
Et revenait bientôt, armée d'un grand balai.

Bien sûr, je m'enfuyais, ne traînais pas mes bottes.

Je n'aimais pas beaucoup jouer ce jeu de drôles.
Je préférais m'enfuir en haussant les épaules !

Ferme de la Vaucelles, Villaines la Juhel.