Le ganga cata : Pterocles alchata
®
Le ganga cata (Pterocles alchata)


Sur le bord de la piste, une bâtisse basse
S'adosse à un puits blanc couvert d'un mamelon.
Une haie de cactus et quelques pins pignons
Font de l'ombre au désert et à tous ceux qui passent.

Mais personne ne passe sur le chemin grisâtre
Qui se distingue à peine des croûtes soulevées
Des marnes desséchées au sable mélangées…
Sauf un peu de poussière dans le vent qui folâtre.

En quelque endroit, s'agitent, pareilles à des mains,
Les feuilles aux bouts roussis de rares palmiers nains.

Un agrobate roux, posé sur un figuier,
Se joue de ses épines et pose pour vous épier.

Un canyon insondable s'enfonce dans la terre.
Á l'ombre d'un rocher, une source persévère.
Elle goutte au goutte-à-goutte et mouille un peu la terre,
Mais la nuit seulement, le matin, désespère.
Car au premier rayon, sous le soleil de plomb,
La minuscule mare s'évapore d'un coup,
Car nous venons à vingt pour y boire un bon coup
Ou trempoter nos plumes.

_______________Puis nous nous envolons.

Notre vol soutenu nous emmène dans l'instant
Au-delà de la terre, plus loin que les déserts
Dans un concert bruyant. Bientôt nos ventres blancs
Ne sont qu'un souvenir pour rêveur solitaire.

Maintenant vous êtes seul sur Campos de Nijar,
Seul avec le roman de Goytisolo…
Et Goytisolo, que sait-il des oiseaux ?

Patience, nous reviendrons quand reviendra le soir.

Entre Ronda et Málaga, le désert d'Almeria et sur la plaine de Crau, aussi.