Carpe diem !
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Carpe diem !



Certains poissons croyaient être des piranhas
Et qu’en montrant les dents, ils mettraient dans la nasse
Ceux qu’ils interviewaient en posant des questions
Sans prêter aux réponses, ni la moindre attention,
Ni le moindre intérêt, en coupant la parole,
Pour tenter de faire perdre le nord et la boussole
Quand on devinait vite que leur belle assurance
Camouflait leur bêtise et, pire, leur ignorance.

Car tous ces grands esprits, bien tondus, bien frisés,
Parlant beau, afin que les peuples médusés,
Ne lâchent, même un instant, le bocal des yeux
De leur naissance jusqu’à ce qu’ils soient très vieux,
Avaient une mission noble pour garder leur place,
Instiller leur sermon dans les moindres espaces
Des cerveaux engourdis par la publicité
Incapables, dès lors, de pouvoir distinguer
La différence insigne, comme du jour à la nuit,
Entre la propagande et la pédagogie.

Récemment une carpe, oubliant d’être muette,
Se prit, avec Blanchon*, les pieds dans la carpette…
Obligée, à chaque fois, de faire des galipettes,
Pour éviter, à peine, de passer pour simplette…
À propos de la buse juste sortie de tôle
Qu’aux marches du Palais, - mais est-ce bien son rôle ? -
Mante** vient accueillir sans oublier la pose
Devant les photographes et jusqu’à l’overdose…
« Vous n’êtes pas ému, devant tant d’innocence ? »
Quand elle reste à prouver ou qu’elle n’a aucun sens,
Qu’on peut s’interroger sur pareille indécence
Et penser ce qu’on veut, mais du moment qu’on pense.

À propos de ceux qui s’opposent aux droits pour tous…
À propos de la guerre aux bêtes en burnous
Quant au mépris du droit ou de la signature
Qu’on appose aux traités signés par les Pâtures,
Il faudrait seulement accepter de se taire
Et se réjouir si l’on détruit les dromadaires.

Mais le plus incroyable, ce fut la conclusion
Que la carpe donna en toute fin d’émission…
Pour elle, les bocalistes, en guise d’information,
Devaient se contenter des seules indications
Que pourraient leur confier les chefs militaires
Ou le chef de l’État, surtout ne pas déplaire
En cherchant à savoir, comme ça, par hasard,
Si la démocratie, aux mains des barbouzards,
Survivra à moins que la gauche dite terroriste
Reste seule un rempart aux scorpiosocialistes.

Quand au parti Senestre, on criait résistance,
Les bêtes au pouvoir entendaient : la potence !
Qu’on leur résiste ainsi était insupportable ;
Qu’on les critique sur tout était inacceptable ;
L’ennemi des Pâtures clairement désigné
Devait être abattu en toute priorité.
Aussi fallait-il mettre tous les moyens en œuvre…
Les poissons s’entendaient pour être à la manœuvre.




28 janvier 2013 / «® / ©»



*Blanchon est un des porte-parole du parti Senestre

**Mante religieuse, qui se pose là, est la compagne de Scorpion