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Carambouilleurs de cru…




L’ignominie régnait au pays des Pâtures.
Virus* n’arrêtait plus de fouiller les ordures.
Un relent innommable empuantait l’atmosphère
Rappelant ce qu’on sent quand on brûle les chairs,
Quand le travail rend libre derrière les barbelés,
Quand de la vie, il ne faut plus rien espérer.

L’ignominie régnait au pays des Pâtures.
Flamant** n’éructait que de vagues imprécatures.
Il se voyait monarque, partout criait victoire,
Et commandait déjà qu’on écrive son histoire.
Il voulait qu’on le suce, qu’on le porte au pinacle
Sans prendre la mesure de sa prochaine débâcle.

Le peuple des Pâtures voulait chasser Virus.
Il n’avait d’autre choix que son clone, un gugusse,
Qui ferait ce qu’il faut, probablement sous lui
Et ce que lui diraient et sans que ça l’ennuie,
Les banquiers, les patrons, les riches, les puissants
Pour vider chaque bête de ses gouttes de sang.

Le peuple des Pâtures savait cela d’avance.
Il apprenait par cœur la carmagnole qu’on danse.
Il aiguisait ses fourches et affûtait ses faux.
Il gardait l’œil ouvert et même son manteau
Pour être prêt à descendre jusques aux prés de fond
Aussitôt qu’il faudrait s’opposer au félon.

Pour qu’il sache que le changement, c’est maintenant.
Que jouer avec Bernique***, ça ne va qu’un moment.
Que l’heure est arrivée de changer les programmes,
Que le bonheur pour tous va repousser les drames
Qui frappèrent les Pâtures pendant de longues années
Par bien trop de racailles en toute impunité.

29 avril 2012 / «® / ©»




*Virus n'avait plus que quelques jours à vivre
**Flamant rose un peu plus peut-être ?
***Bernique serait sans doute plus difficile à virer que prévu... Mais il ne fallait pas désespérer !