Le campagnol terrestre : Arvicola terrestris
®
Le campagnol terrestre (Arvicola terrestris)



Des vaches doucement à l'ombre qui s'étend
Des sapins centenaires sur le plateau calcaire
Ruminent en rêvant aux mains du paysan.
Elles savent qu'il peut compter sur le lait qu'elles fabriquent
Et sert aux fabriques de fromage de Comté.

Le fermier désespère, car, dans le haut du champ,
Je pullule tellement, j'ai tant creusé la terre,
Qu'une vache s'est cassé la jambe traversant
Le toit de mes galeries.

Elle se plaint en meuglant qu'elle va perdre la vie,
Qu'il faudrait l'achever.

Ça devait arriver, puisque à force de chasser
Les renards ou les chats, les rapaces nocturnes,
Les fouines ou les putois et les rapaces diurnes,
Que je n'ai plus d'ennemis qui menacent ma vie.
Et je fais des petits et encore des petits
Qui feront des petits et petit à petit,
Brusquement, je pullule… Me faudrait la pilule !

Vous aurez beau semer des grains empoisonnés
À la dicoumarine qui me dilue le sang,
Me fait saigner des dents et même des narines…
Vous ne remplacerez pas les animaux des bois,
Puisque c'est leur métier de gérer, limiter
Le nombre de rongeurs, qui vivent toutes leurs heures
Au-dessous de la terre, à ronger des racines,
À creuser sous la terre des galeries assassines.

Je doute que la leçon soit comprise malgré tout
Puisque le mur du çon est dépassé partout,
Par tous les hommes qui promènent des toutous,
Enchaînent des canards sur des petites mares,
Mais tirent au fusil les martres et les renards,
Sur tous les prédateurs, quelquefois sur les leurs…

Mais n'en ont pas assez : qu'il leur faudrait chasser
Tous les jours, toute l'année. Ils ont un sens aigu
De la démagogie. Ils ont même des élus en Europocratie !
Ils acquièrent du même coup du poids, de l'importance.
Il leur faut des ministres, des passe-droits, des dispenses,
Une loi sur les loups coupables de sinistres
Sur l'ovin de Panurge.

__________________Mais qu'on les tue... Ça urge !

Un champ... dans le Jura.