Le campagnol agreste : Microtus agrestis
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Le campagnol agreste (Microtus agrestis)



J'aime beaucoup vos pommes et aussi vos noisettes
Sur lesquelles je laisse la trace de mes dents.
Sinon je me régale des rhizomes de chiendent,
Qui vous donnent tant de mal malgré votre serfouette.

C'est souvent, par hasard, que d'un coup malheureux,
Vous découvrez mon nid, tressé d'herbes fendues
Dans lequel mes petits, encore roses et tout nus,
Attendent patiemment le temps d'ouvrir les yeux.

Vous êtes grand, vous êtes fort et un seul de vos pieds
Pèse suffisamment pour tous les écraser.
Mais vous les recouvrez et éloignez le chat
Catiminant en hâte vers ce si fin repas.

Le chat ne comprend pas quand une motte de terre
Explosant devant lui, le couvre de poussière…
Il s'éloigne en colère et sa queue fouette l'air.
D'un bond, il disparaît par un huis entr'ouvert.

Appuyé sur le manche de votre outil féroce,
Vous essuyez la sueur qui trempe votre torse.
Un rouge-gorge chasse et se montre familier
Sur la terre remuée où fuient des araignées.

Je profite de l'instant où vous êtes immobile
Pour saisir doucement un petit par le cou
Et l'emporter bien loin de l'outil irascible,
Qui faillit, juste avant, les tuer tous d'un coup.

Je fais autant de tours qu'il y a de nouveau-nés
Et même davantage, afin de m'assurer
Que je n'en oublie pas.
__________________Les ai-je bien comptés ?…

Dans le fouillis des herbes, je me faufilerai.

Sûr que l'année prochaine, je creuse mes galeries
Sous l'escalier en bois, qui mène à la terrasse.

Un hérisson y dort. Personne ne le tracasse.

J'y serai beaucoup mieux pour y faire mes petits.

Jardin de Kerpotence, Hennebont.