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Je vivais dans des eaux que le temps patiemment Transforma en ardoises qui finirent, c'est navrant, Á m'emprisonner et à me faire disparaître, Définitivement des mers qui me virent naître. Maintenu dans des schistes sur la côte de Grignon, J'attendis des années, au moins six cents millions, Que vous vîntes, enfin, me libérer des gangues, Qui m'ont privé d'air pur et m'ont rendu exsangue, Me redonner vie sur une de vos étagères, Pour qu'alors on m'admire à l'ère quaternaire ! Vous aviez entraîné à la chasse aux fossiles, Votre père, étonné qu'il fût aussi facile Que l'on me mit à jour, car il ne connaissait Des fossiles que ceux qui sont dans les musées. Mais, armé d'un marteau, il fut vite passionné. Il garda souvenir de cette belle journée. Le cambrien, pour lui, n'eut plus aucun secret ; Ni les vers brachiopodes dont le genre est lingule Qu'il ne faut bien distinguer du genre térébratule… Il prit même grand soin à bien nous nettoyer. Tout le village apprit que les grands dinosaures, C'était que des jeunots de l'ère secondaire. Et que les Calymènes vivaient à l'ère primaire… Mais, finalement, qu'ils connurent le même sort !
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