L'alouette calandre : Melanocorypha calandra
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L'alouette calandre (Melanocorypha calandra)


Sentez comme ça sent bon !
Cette bonne odeur de pain qui monte de la vallée
Devrait vous donner faim sur ce plateau Quercy.
Le boulanger de Vers a fini sa fournée,
La dernière, je pense, du moins pour aujourd'hui.

Des petits murs de pierre
Ferment de petits champs, plantés de chênes blancs
Qu'on connaît aussi sous le nom de pubescents,
Car des poils sous les feuilles, il leur en pousse autant
Que sur les bonnets noirs des grenadiers uhlans

Des abris en coupole,
Maintenant écroulés ont servi aux bergers
Pour se mettre à l'abri quand, par moment, l'orage
Grossit ses cumulus ; que les cieux sont zébrés,
Qu'éclate le tonnerre ; éviter l'arrosage.

Je suis sur un guéret
La gardienne attitrée d'une jeune truffière.
Tout autour de l'enclos, au pied des blocs calcaires
Des hépatiques fleurissent, renonculent et colorent,
Heureusement, d'ailleurs, les pieds des hellébores.

Voyez, je suis charnue
Et même enveloppée. Sûrement la plus grosse
De toutes les alouettes. Mais, pour me reconnaître,
Il faut regarder quand je monte vers le cosmos,
Le dessous de mes ailes qui, telle l'âme de traîtres,
Est noire comme la suie avec une bordure blanche.

Quand les hommes vus du ciel
Sont comme pucerons, je libère mes notes
Qui coulent comme avalanche.

Alors on m'entend au-delà des horizons.

Vers, près de Cahors, 1974.