Caïman sang et or
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Caïman sang et or

Caïman* était né, là-bas, en Patalogne
Où son nom voulait dire quelque chose comme charogne.
Scorpion** en avait fait son ministre des Cognes
Pour qu’il chasse les sousliks, les lionceaux, les cigognes
Au-delà des Pâtures, loin, pour qu’ils y crèvent
Et n'en reviennent plus ou pire, qu’ils en rêvent.

Scorpion, dans ses discours, disait qu’il donnerait
À l’emploi, la plus grande de ses priorités…
Sans préciser, bien sûr, qu’il s’agirait surtout :
De l’emploi de la force et des hordes de toutous
Pour mater les rebelles et tous les activistes
Qui s’opposent au progrès et aux capitalistes…

De celui du mensonge et de la tromperie,
Du vent pour les promesses ou bien de l’ânerie
Pour faire en sorte qu’on crût qu’il était à l’écoute
Du peuple à l’agonie, à peine au goutte-à-goutte,
Quand les banques se goinfraient ou encore quand les riches
Ne pensaient à rien d’autre que se faire plus d’artiche.

L’emploi de la violence contre les syndicats,
Poursuivis par les juges pour le moindre dégât
Commis pendant une grève, une manifestation…
Ou contre les poissons, leurs investigations
Quand elles révélaient que les ministres d’État
Se comportaient, salement, comme des renégats.

Caïman, qui rêvait d’être, un jour, caudillo,
Était pour le Scorpion, son meilleur godillot.
Mais au gouvernement, il avait des ennemis…
Le pire étant sans doute la belle Tsunami***
Qui profitait toujours de toutes les occasions
Pour le niquer profond par ses provocations :

Comme si paraître fort justifierait qu’il tue :
- Quelque manifestant qui traîne dans la rue,
- Quelque bête égarée, mais au curieux faciès,
- Quelque grue effrontée voulant vendre ses fesses,
- Quelque enfant affamé qui mendie quelque pièce,
- Quelque chien qui oublie ses étrons ou ses fèces.

06 janvier 2013 / «® / ©»



*Caïman est le ministre des cognes et des pitbulls sous le règne de Scorpion
*Scorpion est le président (gravement contesté) des Pâtures
*Tsunami est une ancienne écologiste reconvertie dans l'immobilier