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Sous les pins pinsapos, l'ombre est chaude comme l'air. D'un charnier répugnant, s'envole un percnoptère. Les cadavres noircis des bêtes immolées Sont offerts aux vautours qui viennent déjeuner. Mais une bête vit encore. Sous sa cage thoracique, D'où surgissent ses côtes qui tendent encore sa peau, Le cœur, lui, bat toujours… ______________Mais c'est un grand corbeau ! Quand il sort de l'infect et s'envole, extatique ! La sierra où je vis est celle de Cazorla. Pour en faire une réserve, le général Franco Ne s'embarrassa pas et vite, expropria Les fermiers, les bûcherons et même les bourricots ! Je suis un bouquetin, una cabra montes. Mes cornes sont en lyre et me distinguent bien De mon cousin des Alpes, qui n'a pas ma finesse. Nous vivons dans les roches et n'avons peur de rien ! J'escalade les parois les plus vertigineuses Et marche sur le bord des falaises ravineuses. J'attends le crépuscule pour rejoindre les prairies. Si mon cousin est diurne… j'aime bien mieux la nuit ! Sous la lune gibbeuse, vous me verrez courir, Déranger des cailloux qui roulent sous mes pieds Ou paître longuement parce qu'il faut me nourrir. Mais, au petit matin, je rejoins mes paliers, Car des hommes bien rudes viennent charger des mulets De sacs de lichens, qui pendent sous les ramées. Cette nuit, restez donc et je vous apprivoise… Pour vous seul, je me montre, rien qu'en ombres chinoises !
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