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Ainsi donc ma cousine me laisse pour agressive. C'est une mijaurée. Je la vois de mes rives, Quand l'amour la chatouille, elle chasse, alentour, Les oiseaux, les grenouilles et même les autours. Il lui faut toute la place. Regardez donc leurs mâles Qui s'affrontent sans fin, à grands coups de poitrine, Les ailes écartées, sans jamais se faire mal…. Et elle qui attend, du coït, la saisine ! Vous connaissez mon nid dans un trou du moulin Qui se déguise en ruine sous les assauts du temps. De la roue, il ne reste qu'à peine deux montants Et la meule couchée ne moudra plus le grain. Cela fait bien dix ans que je viens chaque année Occuper cet endroit pour y faire ma couvée : Cinq ou six beaux petits qui tomberont du nid Sans qu'ils sachent voler. Mais c'est bien mieux ainsi… Ils apprennent à courir du plus vite qu'ils le peuvent. Ils nous suivent sur les rives du torrent vif qui vide Toute l'eau retenue par la digue pas très neuve, Qui fuit autant qu'elle peut comme tonneau danaïde. Vous aurez remarqué que j'aime l'ordre et la loi. Du haut de mon rocher qui dépasse de l'eau, Je surveille alentour et poursuis les oiseaux Qui troublent l'onde claire… ____________________C'est ce qu'on dit, je crois Dans les fables quand il faut que l'agneau soit enfin Dévoré par le loup, soit au nom du plus fort, Souvent du plus gueulard, rarement du plus fin. Et si vous protestez, c'est que vous avez tort !
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