Le bruant proyer : Emberiza calandra
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Le bruant proyer (Emberiza calandra)


En Bretagne, je demeure exclusivement côtier.
Jamais à l'intérieur, on n'a vu de proyers.

Il me faut du calcaire, car je n'apprécie guère
Les granits, le radon, les fougères, les ajoncs.

Vous connaissez le Maine, la Sarthe et la Mayenne.
Sitôt que vous quittez, en vélo ou à pied,
Le massif cristallin où je suis inconnu,
Où l'on ne m'entend point, jamais on n'y m'a vu,
Pour les terres jurassiques, crétacées, triasiques,
Aussitôt ma musique, certes, un peu mécanique,
S'entend alors de loin, couvre toutes les autres.

Mon chant fait patenôtre ! Vous en êtes certain ?
Si je répète sans cesse, une phrase où les notes
Qui, à la fin, se pressent comme des clés qui gigotent,
C'est qu'il faut que j'assure, sans cesse la cohésion
D'avec mes compagnons… Aussi que je rassure
Ma femelle qui couve dans une haie taillée,
Dans un nid que recouvrent des petits prunelliers.

Je ne quitte mon perchoir que pour me laisser choir
Et capturer des graines, des insectes qui traînent…
Ou en gagner un autre, au-dessus des épeautres
Qui jaunissent déjà, d'un vol traînant et bas,
Avec les pattes qui pendent.
_______________________Mais aussitôt posé,
Je me mets à chanter. Il faut que l'on m'entende,
Jusqu'à ce que mon nid soit vide de petits
Qui seront autonomes, un peu avant l'automne.

Quand on ne me voit plus, ni qu'on ne m'entend plus,
Je passe inaperçu. Je suis comme disparu.

Mais dès les giboulées, on m'entend à nouveau,
Attendant joli mai, pour qu'il fasse assez beau,
Pour courtiser ma belle, aussi la copuler,
Alors attendre d'elle qu'elle ponde ma nichée.

Baie d'Audierne, Bretagne et Fresnaye sur Sarthe.