La bergeronnette printanière : Motacilla flava
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La bergeronnette printanière (Motacilla flava)


Vous devriez, je crois, avoir honte plus souvent
De votre inattention. J'ai souvent remarqué
Que vous me confondiez d'avec mon proche parent,
Que l'on dit des ruisseaux… Quand je cours dans les prés !

Car moi, j'ai le dos vert, ça ne fait aucun doute,
Et non pas le dos gris. Et j'ai la queue plus courte
Et je n'ai pas de noir à la gorge non plus
Et j'ai le ventre jaune, qu'est-ce qu'il vous faut de plus ?

Comment ça daltonien ! Vous êtes daltonien ?

Le rouge du rouge-gorge vous paraît plutôt brun !
Les nuances de gris ou de vert se confondent…
Les roses ou les violets sont couleurs qui se fondent ?

Pourtant, Dieu me violente, ma cousine est quelconque,
Agitée, agressive, sûrement limitée,
Car hormis les rivières où naviguent des jonques,
Vous ne la voyez point comme nous sur les prés,
Où nous vaquons grégaires, au milieu des troupeaux,
Á picorer dans l'herbe juste au ras des museaux,
Sans craindre les chevaux ou leurs pieds en sabots,
Les cornes des grands boeufs ou la course des veaux.

Je niche dans un trou, un petit paquet d'herbes.

Je ponds des œufs olive à peine tachetés,
D'où naissent sur des crins tissés, entrelacés,
Six petits affamés parfaitement imberbes.
Tout nus si vous voulez avec quelques duvets,
Des commissures jaunes et un très grand gosier,
Qu'il faut remplir souvent.
____________________Si vous nous observez
De trop près, on hésite, vaut mieux vous éloigner…

Pen Mané, Locmiquelic.