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Bouse de là !



J'arrête mes chroniques, mes enfants me réclament.
Les bœufs ont tout perdu, certains jusqu'à leur âme.
Ceux-là rejoindront vite les bêtes des prés de fond
Où seules poussent les prêles ou bien encore le jonc ;
Celles qui ne savent pas le bon goût du gazon ;
Celles qui vivent à ras et ont fait abstention
Ou avaient espéré du Loup, quelque dictame.

Les moutons se sentent forts,
___________________ils ne bêlent plus, ils brament,
Vive Bélier l'infâme ! Pour Ragondin se pâment,
Lequel prépare aux bêtes l'infusion de jusquiame
(Ce puissant narcotique, légèrement poison)
Qu'il distille savamment au bocal à poissons
Tous les jours que Dieu fait et à chaque émission
Pour qu'elles s'endorment jusqu'aux prochaines élections.

L'oie rieuse m'avait dit : « Le peuple des pâtures
N'a jamais fait son deuil quand en révolution,
Il raccourcit son roi, sans le moindre murmure,
Et du fait, aurait droit de donner des leçons ?

Il s'invente une cour et des pâristocrates,
Espère qu'on le démange à l'endroit où ça le gratte,
Coiffe ses députés de la couronne des cerfs,
N'attendant de ceux-ci, que l'étau, le desserre,
Mais pour eux, seulement, et tant pis pour les serfs,
Les pauvres et les manants, les mendiants ou les hères…

S'ils font un lit au Loup ou bien à la Vipère,
Faudra les écraser, dira qu'ils vitupèrent
Puisqu'en démocratie, on fait tout le contraire,
Tous ses coups par dessous, du moment qu'on prospère…
»

À la corneille noire, je passe le relais.
Elle signe ses papiers : Corvus corone.

L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (18 juin 2002)__________