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Aujourd'hui, quel malheur, une brebis gravide A été enterrée avec ses deux agnelles. Elles ont été fauchées par un mouton pressé Et me laissent, comment dire, un sentiment de vide Et de révolte aussi. __________________Moi, qui suis hirondelle Et qui vole très vite, jamais je ne dépasse, Les vitesses prescrites, pas même quand je chasse Les œstres et les varrons qui viennent attaquer Les bœufs ou les moutons. __________________Je sais me refreiner. Virus s'est fait champion de la sécurité. Jamais on ne l'entend fustiger la conduite Des moutons, sur les pistes, qui, après une cuite Ou seulement machistes, font quelque huit mille tués, Cent soixante mille blessés. Je connais un moineau qui vit en Palestine, __________________Moabite est son nom, Il me dit que la guerre et les luttes intestines Qui oppose Vautour, bien armé de ses serres Á l'Ara qui ne peut que lui lancer des pierres, Ont fait bien moins de morts en plus de cinquante ans Que ceux que l'on relève sur nos pistes en un an ! Mais l'état reste muet face aux poids des lobbies. Tant pis pour la brebis et pour ses deux agnelles Qui furent écrasées et tant pis pour la vie De tous ceux, toutes celles, qui seront bientôt tués Gravement estropiés. Sur les ouches et les prés, certains engrangent leur blé. L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (31 mai 2002)__________
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