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Des marins norvégiens tout de jaune cirés Et la peau toute noire, ont l'heur d'étonner. Ils entrent au restaurant du port de Berlevåg Où la serveuse, accorte, les salue : Vårsøgod ! Des marins africains sur la mer de Barents, C'est sans conteste aucun, motif d'étonnement. J'y verrais, quant à moi, une preuve, certes, mince, Que l'hémisphère Nord entame son réchauffement. Tu penses différemment, c'est ton droit le plus strict. Ne plus de crever de faim, payés à coup de trique, Les auront incités à quitter leur Afrique Et tenter la fortune juste au bord de l'Arctique ? Mais, pêcher la morue, en tirer les filets, N'enrichiront pas ceux qui risquent la noyade, Seulement l'armateur, ses comptes à la Barbade. J'ai donc raison de dire : la Terre s'est réchauffée ! Nous sommes sur des hangars couverts de tôles blanchies Par le guano que perdent les goélands qui chient. Les plus nombreux d'entre eux sont aussi les plus riches, Puisqu'ils sont argentés. Plus loin sur la corniche, Un goéland marin manifeste bruyamment Et menace du bec, mon groupe qui s'envole. Nos rémiges primaires ne sont peintes qu'en blanc. Sommes-nous des bourgmestres or not ? C'est une colle. Vous ne le saurez pas. Puisque vous apprendrez, Qu'aux abords de l'Arctique, même la mouette argentée Présente des formes pâles. Et souvent, on confond… Prétendre qu'on s'est vu, c'est tout bêtement con !
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