|
Je suis à l'origine de la grandeur anglaise. J'aimerais, s'il vous plaît, que vous le racontiez. Je comprendrais aussi que vous vous en foutiez Puisque vous n'en ferez, au final, qu'à votre aise. Or donc, pour faire la guerre, l'Anglais, vivant sur l'île, Eut besoin impérieux d'une bonne marine Laquelle, jusqu'au Bounty, de brouets de farine, De coups de fouet, tenait ses marins bien tranquilles. Jusqu'au Bounty, disais-je, où le Captain Fletcher Obtint pour les marins qu'ils aient droit à la chair Des bœufs qui s'engraissaient dans les prés du bocage Qui entourent de verdure de bien jolis cottages. Mais pour nourrir le bœuf, il faut qu'il mange du trèfle Qui doit se féconder pour produire des graines, Que les vents ou les eaux, même les fourmis égrènent Pour qu'elles germent, sinon, ne poussent que des nèfles. Le trèfle, vous le savez, est une légumineuse Dont la fleur compliquée ressemble au papillon. Les Dieux ont, quand il faut, des idées lumineuses, À l'abeille, un peu faible, préférèrent le bourdon, Car il faut de la force pour écarter assez Les pétales serrés de cette fleur pourprée, Atteindre le nectar, déposer le pollen, Féconder le pistil et les petites graines. C'est là tout mon mérite que je partage aussi Avec les chats des champs qui mangent des souris, Car je niche sous la terre. ___________________Le miel, pour mes enfants, Attire toutes les pestes et les mulots gourmands. Les renards et les fouines, les buses et les faucons, D'une certaine manière, m'aident dans ma mission. Le seul qui s'y oppose est un ver ascaris Qui pond dans mes entrailles ___________________ses œufs quand il s'immisce. Je ne peux plus voler, longtemps, sans m'écraser, Brutalement, sur terre, avant de décoller, Sur quelques mètres encore, à nouveau m'écraser… Ainsi de suite pour être enfin délivré Des œufs du parasite qu'alors je dissémine Pour qu'ils puissent à leur tour infecter des bourdons Que l'on pourrait, dès lors, condamner à la mine, Pour la raison qu'ils manquent, tout à fait, leur mission Qui est de féconder les papilionacées… C'était le cas avant, avant la Dame de Fer, Les farines animales et depuis l'Angleterre Fait naufrage de partout, bientôt sera coulée. Je me recyclerai et j'irai féconder Les fleurs des graminées qu'on appelle zostères Que pâturent les bernaches, les siffleurs, les pilets Et construire mes rayons au-dessous de la mer. Et le poète en veine de trouver une rime, Utilisera celle du bourdon maritime.
|