Le bœuf domestique : Bos taurus
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Le bœuf domestique (Bos taurus)



J'ai plus de mille histoires que je peux raconter…

Mais je vais choisir celle des vaches du Comté.

J'aurais pu vous parler des vaches de la Vaucelles
Que vous alliez chercher avec le chien Major
Au moment de la traite ou du taureau Hector
Qui faillit embrocher, d'une corne mortelle,
Le fermier Montebrun qui allait le soigner…

De la taure assassine qui tua en Vendée
Celui qui vous offrit au sein du Muséum,
Vos premières enquêtes quand vous étiez jeune homme…

Des toros espagnols qui vinrent beaucoup trop près
Parce qu'un élanion, qui plane, vous distrait...

Ou encore d'un troupeau, sur la steppe, en Turquie,
Conduit par deux taureaux, pour vous lécher, s'entêtent
Pendant que leur berger vous raconte sa vie…

De ces vaches andalouses gardées par des hérons
Perdues dans des roseaux bien plus hauts que leur tête…

Ou des bœufs en cuir blanc auprès d'une noria,
Seul accident notable de toute la puszta...

Je décide, je choisis les vaches du Comté,
Qui donne du fromage qu'on confond au gruyère.
Elles se déplacent en bande dans de vastes forêts,
Au sein de fruticées où poussent des bruyères.
Elles sont de couleur blanche comme l'étaient les aurochs.
La femelle dominante entraîne le troupeau
Ou un jeune taureau, encore à l'âge veau,
S'égare dans les lapiaz qui affleurent en roc.

Sur la pente des pessières, elles suggèrent à ces lieux
Une image oubliée d'un temps déjà ancien
Ou seuls les bœufs sauvages régnaient comme les gardiens
Des forêts primitives et vous offrent bien mieux
Qu'une forte émotion où se mêlent autant
De la peur ancestrale et un saut dans le temps.

Mais la vache domestique ne remue que la queue,
Car les mouches s'agglutinent tout autour de ses yeux.
Mais la vache domestique passe en vous ignorant,
Vous laisse un souvenir en vous éclaboussant !

Partout et on ne s'en lasse pas !