Le bruant nain : Emberiza pusilla
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Le bruant nain (Emberiza pusilla)


Indubitablement, les Dieux vous aiment bien !
Á moins que le hasard qui vous fit prendre en stop,
Ce Sami énervé qui, dans son baragouin,
Exigea fermement que vous le conduisiez
Au Konsum de Lakselv, que vous l'y attendiez,
Ne comprenant pas que vous boudiez ses rollmops.

Votre route est ailleurs, mais vous n'eûtes pas le choix
Que l'emmener, l'attendre, le ramener sous son toit,
Lui et surtout son poste refusant sans raison
De capter la télé, ni l'image, ni le son.

Quatre cents kilomètres et peut-être un peu plus
Aux côtés d'un lapon, parmi les plus bourrus
De Norvège et sans doute, de tout l'hémisphère Nord,
Qui, sans ses émissions, serait sûrement mort.

C'est à peine, s'il vous fit, la télé débarquée
Et de suite rebranchée, des adieux impatients,
En refermant sa porte sur ses chambranles blancs,
Sa maison de bois rouge et son toit goudronné.

C'est mon chant de pipit qui vous interpella.
J'étais dans les bouleaux qui bordaient un étang.
Mais à peine vous vis-je, m'observant, m'épiant
Que je fuis dans des saules situés en contrebas.

J'appris un peu plus tard, je ne sais pas comment,
Qu'on vous fit des misères tout près d'un restaurant,
Quand des jeunes avinés vous firent des remarques,
Vous gâchant pour un jour vos souvenirs du Finnmark.

Vous revîntes me voir, quelques années plus tard,
Mais je n'étais plus là… Et quant aux Norvégiens,
Envahis de touristes qui les traitent comme des chiens
Sur la route du cap Nord, c'est pas tous des connards.

Faut un peu les comprendre. Sur les pistes, les voitures
Sont aussi nombreuses que sur la côte d'Azur.
Pour venir seulement trois minutes au Finnmark
Á minuit, au soleil…
___________________Comme ils disent… Nej tak !


Quelque part entre Karasjok et Lakselv.