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Les steppes de l'Asie se déguisent en bocage. Des coudriers en touffe gardent encore en cage Des noisettes bien grasses dans leurs coques de bois. Les fleurs en trompette des courgettes naissantes Colorent en orange des bandes convergentes Où poussent des tomates, aussi des petits pois, Des aubergines noires et des pastèques mûres. Un robinet qui goutte est soudé dans un mur. Des pêches et des brugnons font se courber les branches Des arbres qui les portent jusqu'à toucher le sol. Un criquet se repose au sein des herbes folles. Il joue du trochanter et aussi de ses hanches. Une pie-grièche rare à la poitrine rose Lui évite le pire en lui réglant son sort. Une mante en prière tendue comme un ressort Allait la priver des affres d'une ménopause. Je me poste bien en vue sur un buisson cytise Et pousse ma chanson d'une dizaine de notes, Constamment répétées sans que ça ne m'épuise. Un hypolaïs pâle s'emberli-lificote, Imitant les rousserolles, parodiant les fauvettes. Des faucons qu'on appelle, je crois, crécerellettes Arrivent en braillant et en voisins aussi. Ils nichent sous les tuiles des toits qu'on voit d'ici. D'eux, je n'ai rien à craindre, mais je fuirai quand même, Car c'est dans la nature des embérizidés Dont le rôle des mâles est de bien surveiller Le territoire où vivent leurs enfants, s'ils les aiment. Il faut les prévenir aussi vite qu'ils le peuvent Quand l'ombre d'un ravisseur se profile dans les cieux Et cache le soleil en étendant les ailes. Puis, reprendre aussitôt leur rôle de sentinelle.
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