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Mon étang est couvert de mille utriculaires Qui dressent leurs fleurs jaunes dans le reflet des aulnes. En ceinture, des phragmites, serrés comme des chaumes, Ont plongé leurs rhizomes dans des vases hématites. Le soleil a rougi les feuilles des potamots Qui s'étalent sur l'eau et se meurent d'ennui, Car les insectes qui marchent sur la pointe des tarses Préfèrent celles, plus larges, des nymphées en cocardes. Des poissons facétieux sautent au-dessus de l'eau Pour plonger dans les cieux qui se mirent dans l'eau. Ils font avec leurs corps comme un bruit de castor Quand ils frappent la queue, vous surprenant un peu. Il ne reste rien d'eux que des ondes concentriques Qui se dupliquent, s'imbriquent et troublent le fangeux. Des judelles, toutes noires, font la conversation. Elles fouillent les vases noires, le derrière en oignon. Entendez-vous ce râle qui pousse son cri cochon Ou encore ces bouscarles cachées dans les buissons ? Des mouettes blanches et rieuses vacarment dans le lointain. Ce sont des envieuses qui s'engueulent pour un rien. Un martin bon pêcheur s'engouffre dans le talus Pour nourrir ses goulus cachés en profondeur. Il sort à reculons de l'infect couloir, Fait un bref plongeon et passe sans vous voir. J'aime bien regarder au cours de la journée Les bêtes s'activer, en restant bien caché. Je grimpe dans les tiges des roseaux qui se penchent, Des saules qui négligent leurs toutes petites branches. J'y rejoins mes enfants rayés comme des butors. Je les nourris encore, bien qu'ils soient déjà grands. Ils sont sortis du nid. Ils savent déjà grimper. Ils ne savent pas voler. Ils sont encore petits. Regardez leurs longs doigts, grâce à eux, ils s'agrippent. On croirait des bourgeois qui s'accrochent à leurs nippes. Ici, dans ma Sologne ceux que je crains le plus, Sont vêtus de surplus. Ils plombent les troglodytes, À défaut, les cigognes, se bourrent à l'aquavit Et se foutent des cognes.
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