|
Devrais-je me réjouir d'avoir perdu la vie Pour assurer qu'un jour de pêche soit inscrit Définitivement au fond de la mémoire D'un tout petit garçon qu'on mit au désespoir ? Son matériel de pêche était des plus modestes. On l'avait invité à cette partie de pêche. Mais il fallut que vite, sans demander son reste, Il s'éloigne des pêcheurs avertis... Se dépêche. Un enfant dans leurs pattes nuirait à leur mission, Sans doute tout autant à la concentration Qu'il faudrait pour prendre les perches et les brochets Qui, dans cet étang-là, vivaient en quantité. Pas moyen d'attraper ces poissons prédateurs Autrement qu'à la ligne, puisque depuis longtemps, Le moine était cassé et le canal videur N'auraient pas soutiré dix litres à tout l'étang. Qu'on vous dise d'aller voir plus loin si c'est meilleur Ne vous déplaisait pas… Mais qu'on se moque aussi De la canne à lancer, à leurs yeux sans valeur… Quand il vous fallut faire autant d'économies Et de petits boulots que l'on donne aux enfants, Une pièce de cent sous rejoignant le pigeon Qui servait de tirelire, … c'était très humiliant. Vous partîtes donc plus loin, serré par l'émotion… Mais l'étang était grand et partout envahi Par la végétation. Vos cuillers accrochaient. Une grenouille en balsa, adroitement posée Sur un grand nénuphar vous tirerai d'ennuis. Car à peine immergée, l'un des miens la goba. Puis un autre et un autre, à la fin tout un tas… Vos amis, vers midi, furent gentiment conviés Par le propriétaire de l'étang à pêcher, À manger des saucisses, à goûter son Bordeaux Jusqu'à la grande maison qu'on appelleait Château. Ils laissèrent leur pêche, en vrac, sans surveillance. Du ciel, tout à coup, des milans en errance… Ils sont vingt, davantage, qui plongent sur les poissons. En moins de dix minutes, ils ont tout emporté… Quand vos amis reviennent, ils peuvent se lamenter. Ils comprennent bien vite que cette distraction Leur vaut d'être bredouilles et ce, sans rémission, Car les poissons madrés ne mordent plus aux leurres. Vous rentrez surchargé de kilos de poissons. Et pourquoi le cacher, vous crevez de bonheur De leurs mines déconfites et quand ils vous proposent D'acheter votre pêche… vous leur rirez au nez ! Les cons surprennent toujours quand ils font une pause… Malgré la longue route, vous rentrâtes à pied !
|