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Ah ! voilà bien les hommes qui disent que j'aurais Un foutu caractère et même un fond mauvais ! En première impression, il se peut que je donne, Une image agressive, mais ce n'est pas la bonne. Certes, on me voit poursuivre partout mes congénères, Toutes sortes d'oiseaux que, fort, je vitupère Aussitôt qu'ils pénètrent dans mon champ de vision. La raison, voyez-vous, n'en est pas l'agression. Simplement, je suis myope. C'est comme un handicap Pour capturer de près, avant qu'ils ne s'échappent, Les insectes qui sont mon menu quotidien. Car, au-delà d'un mètre, je ne distingue rien. Cela, pour expliquer, quand une ombre indécise Affecte ma rétine, il faut que je précise… Et j'ai très peu de temps… Si c'est un papillon, Une phrygane qui passe ou bien un compagnon… Donc, je me précipite et toujours en criant, C'est juste pour avertir : je ne suis pas méchant ! Et si c'est un oiseau, il s'envole dans l'instant Et si c'est un insecte, je le gobe en le tuant. Vous ai-je convaincu par mes explications Ou bien, dois-je refaire cette démonstration ? ______________***** La lavandière s'en va, hochant sa longue queue. Elle court rapidement, toujours l'air belliqueux ! Les gens sont souvent prompts à se mettre en colère, Pour un oui, pour un non, pour un pet de travers, Ils commencent à gueuler, s'en prennent au premier Qui passe, par hasard, coupable désigné. Quand ils se calment enfin, ils ne manquent jamais De toujours bonnes raisons pour se faire pardonner.
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