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La bête en court-bouillon…


Premiers jours de juillet au pays des Pâtures,
Les poissons du bocal parlaient d’une voix sûre
De la fin de Virus*, plombé dans les sondages,
Et dont ils préparaient le probable lynchage.

Après s’être tant tus, obséquieux et soumis,
Le vent tournant assez pour annoncer des pluies
De questions négligées sur maintes gouvernances,
Les poissons apprenaient de nouveaux pas de danse,
Afin d’être certains qu’ils seraient invités
Au bal et à la noce, à la Cour cooptés.

Une brebis gâteuse, mais immensément riche
Vache à lait généreuse qui donne son artiche,
À droite ou à l’extrême, aux ministres honnêtes,
Au parti des moutons et aux veaux à leur tête,
Fut involontairement le facteur déclenchant
De la dégringolade qui va s’accélérant.

Virus est empêtré. Il se prend le cigare
Que lui tend un ministre innocent, mais avare.
Finies les gabegies, les gardens, les parties,
Même avec Pécora**, ses amants sont bannis.

Virus sonnait la charge, le voilà en retraite,
Réformé, retrouvant sa bonne image de traitre,
Impeaché de changer tout ce gouvernement,
Ces féaux incapables et autres garnements
Qui l’ont mal conseillé, ont provoqué sa chute
Avant qu’il ne se vote un très beau parachute.

Ces rats qui lui ont fait virer des chroniqueurs
Qui causaient au bocal à peine plus d’un quart d’heure,
Faisant rire les Pâtures qui s’estimaient baisées,
De Virus maintenant qu’il était enculé.
Deux guignols malpolis et irrespectueux
Qui eussent gagné à être soumis et onctueux
Comme savent l’être les chefs qu’il nomme à la tête
Des instances de l’État et se payent sur la bête.

Personne ne voulait plus finir sur une esse.
Virus, illégitime, ne valait pas une messe.
Risquer une carrière politique prometteuse
Dont l’éclat ternirait celui de Bételgeuse…
« Finie la comédie ! Changeons vite d’avis.
Promettons le contraire de ce qu’on a promis.
Des réformes, des réformes et encore des réformes,
Des lois, des circulaires, des édits et des normes
Qui concourront toujours à nous rendre plus forts,
Plus riches et plus puissants, pour que nos coffres-forts
Nous assurent à jamais le pouvoir absolu.
Les moutons sont très sots et s’ils l’ont dans le cul,
Comme les bœufs, les agneaux, les loups ou les renards,
C’est qu’ils ont bien cherché qu’on les fasse cornards.
»

Virus à l’agonie, dans sa mort, le suivraient
Tous ceux qui écrivaient pour qu’il tombe à jamais.
Aurions-nous, à nouveau, une telle caricature
Aux rênes de l’État du pays des Pâtures ?
C’était fort peu probable. Ne faut jurer de rien.
Les fous ne manquent pas qui veulent notre bien.
Les bouffons qui les suivent, surgissent, c’est chronique,
Aussitôt qu’il faut bien que l’on rit du tragique,
Plutôt qu’on s’entretue, même si c’est comique,
De voir tomber les têtes de tous ceux qui nous niquent !

2 juillet 2010 / «® / ©»




* Virus est l'actuel président des Pâtures.
** Pécora est une brebis transalpine qui accompagne Virus dans ses voyages officiels.