Bernique ta mère
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Bernique ta mère


Blanchon* avait mouché Bernique** et l’avait tuée.
Bon débarras ! Le loup*** ne s’y est pas trompé.
On n’entend plus que lui au bocal à poisson,
Pour rameuter sa base, distiller son poison,
Cacher ses grandes dents de derrière ses risettes
Et faire passer des collabos pour des poètes.

Agitée et autiste, de belle couleur rouge brique,
Tout le monde avait vu ce que vaudrait Bernique
Aussitôt qu’aux Pâtures, quelque difficulté
Viendrait à se faire jour et qu’il faudrait régler.
Ferait-elle semblant de lire la Voix du Nord
Surtout son horoscope qui lui dirait son sort ?

Incapable de répondre, pas même pour s’expliquer
Sur les propositions qu’elle comptait appliquer,
Bernique nous prouvait que, du chapeau de Merlin*,
Elle les avait tirées, sans les comprendre, enfin…
Sans pouvoir en débattre quand la contradiction
La mettait en déroute et tous ses ganglions.

Qu’il s’agisse des vaches, des brebis, des gazelles,
Des chiennes ou des ânesses, en bref des femelles
Qu’elle ne voulait voir qu’au seul registre de mère,
Accouchant de petits, élevés dans la misère,
Sans pouvoir avorter, au risque de mourir,
Ou devenir porteuse… Elle n’avait rien à dire.

Bernique n’est rien d’autre qu’un moulin à prières,
Répétant à l’envi, comme le faisait hier,
Le poète assassin : « Partout, elles sont partout »,
Ajoutant, pour la haine, qu’elles sont coupables de tout,
Du chômage, de la crise, des violences et des crimes,
Les bêtes immigrées qu’elle veut qu’on les supprime.

Ou au moins qu’on les chasse et les renvoie chez elles
Qu’on cesse de soigner leurs maladies mortelles,
Qu’on cesse d’éduquer leurs petits à l’école
Réservée aux souchiens, interdite aux créoles…
Mais qu’on les fasse trimer et tant pis, qu’elles en meurent !
Les moutons de race pure n’auront plus jamais peur.

Bernique, le Loup son père, souffraient bien de démence.
Qu’on puisse prêter crédit à de pareilles engeances
Devait poser question sur les motivations
Des bêtes qui croyaient à ces dépravations.
Fallait-il qu’elles fussent bêtes à bouffer du foin
Pour imaginer que, ceux-là les mèneraient loin ?

Ou bien fallait-il voir dans ce choix imbécile
Le trop grand désespoir que des temps difficiles
Avait durablement installé chez les bêtes
Bien trop souvent trahies par ceux qui faisaient fête,
Se goinfraient, s’engraissaient, proposant la rigueur
Unique alternative à l’idée du bonheur.

Promesses non tenues, mensonges et avanies,
Abus de biens sociaux, corruption, félonie,
C’était ce que les bêtes retenaient de l’éthique
Et du comportement des bêtes politiques.
Depuis un demi-siècle au pays des Pâtures
La société partait toute en déconfiture.

Les choses allaient changer. Les bêtes frémissaient.
Surtout parmi les jeunes, les veaux, les antenais…
Les plus vieilles entendaient, pas trop sûres d’y croire,
Un discours, un programme qui leur rendaient l’espoir
Qu’elles avaient pu connaître, en des temps reculés,
Quand elles avaient foulé les rues et les pavés

Afin que les choses changent, surtout la société
Pour qu’elle soit plus proche de l’animalité…
Pour qu’on accepte plus de vivre à côté
D’une bête qui souffre quand on pourrait l’aider,
D’une bête qui meure et ne peut se soigner,
D’une bête qui a froid, qu’on a abandonné.

Les discours de Blanchon au peuple des Pâtures
Faisaient mouche partout. Même les feuilles les murmurent !
Et malgré les efforts des poissons du bocal,
Des sondeurs le tenant dans des fosses abyssales,
Le front Senestre gagne du terrain, des batailles…
Une belle sur Bernique, renvoyée à la baille.



* Il s’agit bien entendu du Dr Merlin, chantre du F_haine, dont on peut ne pas regarder les vidéos tellement c’est navrant ou inversement.

27 février 2012 / «® / ©»




* Blanchon, du parti senestre, émerge... c'est la raison pour laquelle les poissons du bocal tentent de le mettre sous l'éteignoir.
** Bernique, fille du Loup, est la championne des sondages truqués.
*** Le Loup est le père de Bernique et l'ancien président du F_haine.