Le bruant cendrillard : Emberiza caesia
®
Le bruant cendrillard (Emberiza caesia)


Ce n'est pas de ma faute, s'il tombe autant de flotte,
S'il fait un froid polaire, qu'on se croit en hiver.

J'habite en Macédoine un sommet dénudé
Où croissent des gentianes, maintenant balayées
Par un orage violent, par la pluie et le vent
Qui fait courber la tête et le front des mulets
Dont le bât surchargé, par de maigres denrées,
Destinées au marché, leur bat les flancs mouillés.

Un couple les conduit, ce sont des Albanais.
Ils ne comprennent rien quand vous parlez français.
De suite, ils vous agressent et vous chassent aussitôt
De votre grotte abri. Ils veulent se réchauffer
Près du feu allumé avec du bois mouillé.
Vous leur montrez le temps, la pluie qui tombe à seaux.
Vous n'aurez le choix. Il vous faudra partir,
Tête basse, l'air piteux, pour éviter le pire !

Quand l'orage est passé, je me montre et je chante
Quelques notes pressées, d'ortolan, consonantes,
Auquel je ressemble… Vous pensez confuser
Jusqu'à ce qu'il vous semble que point ne vous trompez,
Que je suis cendrillard, que Dieu soigne les hasards !
Sans l'orage, vous passiez sans même me remarquer.

C'eût été bien dommage, qu'au cours de ce voyage,
Vous ne m'ayez pas vu, de vous, reste inconnu.

Par bonheur, en Turquie où vous fûtes aussi,
Nous eûmes l'occasion d'autres conversations
Et vous pûtes confirmer qu'à l'instar des bruants,
Moi aussi, que j'avais quelques points convergents
Dans mes comportements.

_________________Qu'au moins comme l'ortolan,
Je me tiens bien tranquille et souvent immobile,
Surveillant mon domaine.

Dès qu'un faucon s'amène, j'alerte, je me démène,
Ce, tant qu'il se promène.

Région de Tetovo, Macédoine.