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Vous demandez-vous ce que je fais tout là-haut Perchée jusques au faîte de ce maigre bouleau ?… Je surveille mon domaine aux confins d'Inari, De moustiques envahi, par millions de douzaines. Ils vous font des misères, malgré vos moustiquaires Et tous les répellents dont vous vous êtes enduit, Mais qui puent tellement que les bêtes ont toutes fui. Je vous trouve comique, ainsi tout agité, Maintenant qu'ils vous piquent par centaines de milliers. J'ai bien peur que mon chant et mes comportements Que j'offre gratuitement, vous laissent indifférent. Vous vous dites sûrement que vous mourrez avant, Vidé de votre sang. Je ne vous conseille pas d'aventurer vos pas Dans l'immense bourbier aux allures de marais Où des tourbes qui flottent cachent des pièges mortels. Il vous faudrait des ailes. Vous n'avez que des bottes. Je vous trouve courageux d'attendre patiemment Que le courlis corlieu, d'un rire hennissant Qui se termine en trille, vienne aussi vous saluer Et puis vous présenter sa petite famille. Si je puis me permettre, l'oiseau qui, tout là-haut, Fait du vol sur place, ce n'est pas une alouette. Il s'appelle falcinelle et c'est un bécasseau. Ses petits sont nés, là, auprès des linaigrettes. Je crois qu'il serait temps de partir sur-le-champ. Les piqûres de moustique déversent leurs toxiques. Les fièvres qui vous rongent... ________________Vous trempent comme une éponge. Quelques minutes encore, vous serez raide mort Et si l'on vous inhume… ou si vous survivez, Ce sera, je le crois à l'état de légume, complètement fané… Dès lors, parler de moi, comment le ferez-vous ? Les rencontres que nous eûmes, mes us et mes coutumes, Mon beau costume de plume… Comment le ferez-vous, Sauf à titre posthume ? ________________________Ce coin de Laponie Pour les hommes, c'est l'enfer. Faut venir en hiver. Mais, je serai partie. Je suis sur vos vasières... Beaucoup moins familière !
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