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La piste ensablée n'arrête pas de tourner, De monter et descendre en suivant les moraines Qui enferment mes lacs dans l'écrin des forêts De pins forts qui sylvestrent sur un tapis lichen. Un élan pâture dans des champs de linaigrettes. Pressé par le temps, il nage sur le diamètre Du lac qu'il aurait pu, par la circonférence, Contourner aussi bien dans n'importe quel sens. C'est à ce moment que les poissons énervés Montent vers la surface cueillir des diatomées. Je quitte mon perchoir d'où j'étais invisible, Le reste dans le ciel, à peine perceptible... Pour les poissons, j'entends. ___________________Mon dessous surtout blanc Me confond aux nuages, car de vous, je m'en fouts. Au moment où j'arrive, j'ignore totalement Qu'à braver les moustiques un homme soit assez fou. Je m'approche en planant et m'arrête sur place. Mon corps est vertical et ma tête est penchée... Je replie mes ailes et, à soixante degrés, Je plonge rapidement pour gagner la surface. Juste au dernier moment, je freine, brutalement, En étendant les ailes et projette mes serres Qui pénètrent dans l'eau et le poisson l'enserre. Ma vitesse m'entraîne, m'immerge, complètement. Mais je refais surface, étale en grand mes ailes, Les bats à toutes forces pour pouvoir décoller... Je m'ébroue, me secoue, m'égoutte comme s'il pleuvait Et emmène mon poisson qui, de la queue, flagelle, Jusqu'à de gros galets qui s'étalent en plage D'où partent, apeurés, des chevaliers sylvains. D'un coup de bec précis, je fais le dépeçage Du poisson qui s'accroche à la vie, mais en vain. Je mange les filets, laisse les intestins Et pars vers d'autres cieux, pour un autre festin.
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