Ô l'andouille !
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Ô l'andouille !

Les poissons du bocal étaient tous unanimes :
Scorpion* n’était plus le prince pusillanime
Qu’ils brocardaient encore juste avant qu’il déclare
La guerre aux dromadaires, pas comme un dégonflard,
Mais comme le chef enfin qu’il fallait aux Pâtures,
Dangerous comme pas deux, dans sa trop grande armure.

On entendit pourtant des moutons et des bœufs
Sur le fait qu’un pays qui n’est pas belliqueux
Est autrement plus grand que celui qui guerroie
Pour un oui, pour un non, à deux cents contre trois,
Pour bien montrer la force de ses armes au combat
Pour en vendre tant que ça ne s’arrêtera pas.

Bien des bêtes, aux Pâtures, pensaient que sa grandeur
Devait à autre chose qu’à un petit bandeur
Qui gonflerait ses muscles en se tirant la nouille
Quand on réait partout : « Mais t’as vu, Ô l’andouille !
Elle s’érige et se gonfle, veux faire dans le sanglant
Mais pendouille toute flasque, avachie et sans gland.
»





23 janvier 2013 / «® / ©»



*Scorpion ne vaut à peine qu'on prononce son nom.