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Je suis un æschnidé, facile à reconnaître : À ma très grande taille, à mon abdomen bleu, À mes larves dodues qui mettent dix ans à naître, Tant elles se trouvent bien dans l'eau quand elle court peu, Là où les sédiments s'accumulent patiemment, Recouverts bien souvent de petits bois noyés Quand ils n'en peuvent plus d'avoir longtemps flotté Et servent de refuge aux gammares turbulents. Ceux-là n'arrêtent pas, de bouger, de fouiller, Avec pour conséquence qu'on est toutes retournées Et parfois entraînées par le fil du courant. C'est la raison pourquoi j'aime bien les étangs Survoler leurs eaux lisses, sans jamais me poser, Ni même me reposer de toute la journée, Du matin de bonne heure jusqu'à la nuit tombée, Je chasse, dans un bruit d'ailes comme de gaze froissée, Des insectes qui volent, des perles, des demoiselles, Des mouches de la Saint Marc et d'autres, éphémères, Moustiques culicidés, chironomes plumeux, Sialis et phryganes ou encore volucelles, Taons ou œstres, tipules, papillons, hémiptères… Mais pas les coccinelles… Elles sont vraiment dégueu ! J'accomplis cette tâche depuis l'ère primaire… J'ai connu le Ty. Rex et le carbonifère… Je connais l'homme moderne et franchement, je crains Qu'on dise mon extinction à l'ère du Poubellien !
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