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Abyssalement vôtre !



Les poissons du bocal faisaient preuve de souplesse
Puisque sans trop d’efforts, la tête entre les fesses,
Il scrutait le tréfond de leur gros fondement
Duquel sortait, sans peine, deux ou trois boniments
Qui feraient d’eux, très vite, de précieux analystes
Qui sauraient distiller leurs propos sibyllistes.

Ils savaient tout sur tout. Pétris de certitudes,
Ils dissertaient sans fin, comme par habitude,
Sur ce qui leur semblait que les choses devaient être
Afin que l’ordre règne et fasse disparaître
Celles qui pourraient gêner les pouvoirs établis
En les taisant toujours ou mieux, par le déni.

C’est ainsi qu’on sentait, partout sur les Pâtures,
Les efforts incroyables, limite forfaiture,
Déployés sans compter pour dénigrer Blanchon
Ou pire, ses électeurs, qu’on tenait pour des cons,
Des aigris, des fielleux, des haineux, des minables
Tout juste bons à se vautrer dessous la table.

Quand tant d’intelligence est ainsi malmenée
Au prétexte que les bêtes seraient toutes arriérées,
C’était insupportable, une injure indicible
Qui avait pour effet de péter nos fusibles
Tout en nous confortant, car nous avions raison
De croire que les Pâtures mériteraient Blanchon*.

Les poissons du bocal finiraient accrochés
Sur le dos de la veste qu’on allait leur passer.
L’info qu’ils distillaient passait pour incrédible
Tant leur bêtise immense les rendait tous risibles.
La farce qu’ils nous jouaient ne nous faisait plus rire.
Le temps était passé qu’on veuille nous abrutir.

30 mars 2012 / «® / ©»



*Blanchon du parti Senestre remplit les salles et les cœurs d'espoir dans l'animalité.